L’agriculture face aux enjeux économiques et environnementaux : les pistes d’adaptation en Bourgogne - 2011

Suivi des travaux

 

  • Agriculture de conservation des sols : n’est-il pas temps de franchir le pas ? – janvier 2026
Alors qu’elle s’est largement développée dans certains pays, l’agriculture de conservation des sols (ACS) demeure marginale en France. Pourtant, ses bénéfices sont incontestables : augmentation de la réserve utile en eau, stockage de matière organique, amélioration de la biodiversité, résistance accrue des sols à l’érosion… Autant d’atouts qui profitent à la fois à l’environnement et à l'économie des exploitations agricoles. Malgré cela, l’ACS peine à dépasser le cercle des initiés et reste cantonnée à un succès d’estime.
Pour comprendre cette situation, la Ministre chargée de l’agriculture a mandaté le Conseil général de l’alimentation, de l’agriculture et des espaces ruraux (CGAAER). Sa mission : identifier les freins, notamment économiques, et formuler des recommandations. Dans son rapport publié en 2025, le CGAAER préconise en particulier d'affirmer, par une communication claire, les effets positifs de l'ACS, afin de susciter une prise de conscience et mobiliser l’ensemble du monde agricole.
Dès 2011, le CESER a intégré les enjeux de l’agriculture de conservation dans son rapport, précisant que l’agriculture dite "de conservation" était emblématique des évolutions agronomiques émergentes à l’époque.
"L’agriculture de conservation est aujourd’hui confidentielle en Bourgogne mais bien installée dans d’autres pays. Elle mêle absence de retournement profond du sol et implantation des cultures en semis direct, maintien d'un couvert végétal permanent (mort ou vivant) et adoption judicieuse de cultures dans une rotation suffisamment longue (rotation adaptée). En d’autres termes, l’agriculture de conservation est une technique aboutie pour permettre de conserver, d’améliorer et de mieux utiliser les ressources naturelles liées à la gestion des sols, de l’eau et de l'activité biologique, tout en gardant la perspective du rendement et de la productivité. Ces expérimentations ne concernant aujourd’hui qu’une petite partie des agriculteurs en Bourgogne, elles sont donc peu connues du monde agricole lui-même et encore moins des acteurs publics et le recul manque sur l’efficacité de telles pratiques sur les sols bourguignons. »
Dans ses préconisations, le CESER souhaitait "mettre particulièrement en avant ces nouveaux modes de production innovants" en soulignant que l’agriculture de conservation était une « piste particulièrement intéressantes à étudier par le monde agricole".
Le rapport du CGAAER s’inscrit dans la continuité de cette réflexion du CESER datant de près de 15 ans.
Des avancées significatives ont été réalisées en Bourgogne-Franche-Comté.
Le rapport du CGAAER évoque à plusieurs reprises la région Bourgogne-Franche-Comté et notamment les études et expérimentations menées par le groupe Alliance BFC. En effet, Alliance BFC expérimente l’ACS depuis 13 ans sur la plateforme de Dijon Céréales située à Fromenteau (21). Cette plateforme permet d’évaluer et de comparer différentes modalités de travail du sol (labour, techniques culturales simplifiées et ACS) combinées avec diverses pratiques culturales (rotations, gestion des adventices, conduite des cultures…) et de répondre aux questionnements des agriculteurs et agricultrices. Alliance BFC est en mesure de présenter et rendre disponibles des éléments pratiques sur les conditions de réussite, mais aussi sur les difficultés liées à l’ACS.
En parallèle, le service agronomique d’Alliance BFC anime un réseau agroéconomique auquel participent 56 exploitations situées dans 9 départements. Créé en 2016, ce groupe très actif a pour visée de répondre aux nombreuses questions qui se posent sur le terrain, notamment au sujet du semis direct et des plantes compagnes. Seul un tiers des adhérents pratique l’ACS dans sa définition la plus stricte des trois leviers tandis que les autres l’adaptent aux conditions locales et aux situations rencontrées. Le réseau enregistre chaque année 4 à 5 nouvelles adhésions.
  • Encourager les éleveurs bovins à engraisser leurs animaux - juillet 2024

Le CESER Bourgogne, dans ce rapport, en 2011, préconisait la relance de l’engraissement des bovins pour développer des débouchés locaux. 15 ans après avoir été formulée, cette préconisation trouve une application avec le soutien de la Région qui a voté le 15 juillet 2024 une aide de 5 millions d’€ pour accompagner les stratégies de développement de l’engraissement de bovins. Cela permettra de répondre à la demande de viande française et régionale, élevée à l’herbe.

Afin de dynamiser l’engraissement en région, les structures réunies autour de la signature d’une convention d’objectifs viande bovine proposent un plan d’engraissement basé sur un accompagnement à la prise de risque des éleveurs, liée à l’allongement des cycles des animaux. En effet la spécificité de l’élevage allaitant tient à ses cycles longs, qui impliquent des surcoûts opérationnels (frais de vétérinaires, alimentation…).

L’aide à l’engraissement, sur le territoire régional, a pour objectifs de contribuer à maintenir les exploitations agricoles d’élevage de bovins, d’améliorer les revenus des fermiers, l’utilisation des outils d’abattage et l’offre locale de produits. Un enjeu considérable pour la filière bovine allaitante régionale confrontée depuis longtemps à une baisse structurelle de consommation de la viande rouge.
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